Montse Benito Sanchez est une amie de longue date d’Angoulême. Enseignante de français en collège-lycée, elle a accompagné de nombreuses délégations à Angoulême, revêtant souvent le rôle de traductrice. Elle participe notamment à l’organisation du voyage de groupe qui a lieu tous les ans pour les habitants de Vitoria-Gasteiz souhaitant se rendre au Festival de la BD d’Angoulême. Quand des angoumoisins se rendent à Vitoria, elle met toujours un point d’honneur à leur réserver un accueil chaleureux et à leur faire découvrir sa ville.

Elle a accepté de répondre à nos questions pour nous donner un aperçu de la situation à Vitoria-Gasteiz, en pleine crise sanitaire due à l’épidémie de Covid-19 :

  • Vitoria-Gasteiz est-elle touchée par l’épidémie ? Y a-t-il des cas d’infection ?

Au 2 avril à midi, il y avait selon le décompte officiel, 1955 cas d’infections au Covid-19 à Vitoria-Gasteiz. Pour suivre l’évolution de la contamination, cliquez ici.

  • Quelles mesures ont été mises en place à l’échelle nationale (et régionale) contre cette épidémie ? Et à l’échelle de la ville ?

Tout d’abord, les cours dans tous les niveaux d’enseignement ont été annulés. Les professeurs ont reçu une formation express pour travailler en ligne. Ensuite, les professeurs et d’autres employés qui pouvaient télétravailler sont restés à la maison.

Le 16 mars le Gouvernement a décrété le confinement. Fermetures de magasins, sauf pour les biens alimentaires, de santé, l’essence, journaux et tabac.

Le 29 mars un nouveau décret a provoqué la fermeture de toute la production, toutes les usines, etc., sauf celles indispensables.

  • Quelles sont les répercussions sur votre quotidien, comment vivez-vous la situation ?

Chez nous, on est enfermés depuis le 13 mars, nous ne sortons même pas une fois par semaine pour faire les courses.

Nous faisons du télétravail, c’est à dire, étant donné mon métier, je travaille environ 12 heures par jour : répondre à des courriels, faire des appels téléphoniques, corriger, préparer des tâches pour les mettre sur Internet, etc.

Elena télétravaille aussi pour ses études à l’Université. Mon fils doit rester chez lui, car tous les cours de sport ont été aussi arrêtés. Mon beau-frère, qui est boulanger n’a pas arrêté de travailler, bien au contraire.

La fiancée de mon fils travaille à l’hôpital de Santiago aux soins intensifs. Mais le plus dur c’est à l’hôpital de Txagorritxu, car les responsables de la Santé ont diversifié les soins. Les cas de coronavirus sont pour la plupart à Txagorritxu, les autres à Santiago.

Ma nièce, infirmière, qui est enceinte est en congé de maladie, au cas où. Son fiancé, comme beaucoup d’autres ouvriers à Vitoria, est au chômage, car les entreprises ont dû faire ERTE (Expediente Temporal de Regulación de Empleo).

Il y aura de gros problèmes économiques, d’après les échos que nous avons des institutions européennes.

Les épreuves pour le BAC seront plus tard avec un programme adapté, etc.

  • Qu’est-ce qui a changé dans la ville de Vitoria-Gasteiz ? Quelle est l’ambiance générale ?

La vie dans la ville s’est complètement arrêtée, les bars, théâtres, cinémas, sport, cours dans les Centros Cívicos, les magasins de toute sorte : librairies, vêtements, tout, tout, tout est fermé.

Les rues sont complètement vides. La police veille à ce que les personnes ayant des chiens restent dans leur périmètre.

Il est interdit aussi de faire du sport dans la rue, donc, il n’y a personne qui court, personne à vélo, personne.

Dans les magasins, il faut garder une distance d’un mètre au moins, porter des gants et les employés des gants et des masques.

Certaines rues, la gare, l’aéroport, etc. ont été désinfectés.

  • Avez-vous vu se développer des réseaux de solidarité locale, pour aider les personnes vulnérables face à l’épidémie ? Si oui, avez-vous un exemple ?

Oui, il y a des Associations qui font les courses pour des personnes âgées, mais en général, en Espagne les liens de famille et de voisinage sont très forts et c’est rare qu’il y ait des personnes tout à fait isolées ou sans protection.

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