Boubacar Keïta, notre chargé de missions basé à Ségou, en charge de la mise en place et du suivi des actions dans le cadre de la coopération décentralisée Angoulême-Ségou, nous envoie lui aussi quelques nouvelles de sa ville. Le message ci-dessous a été reçu le 2 avril :

–              La ville de Ségou est-elle touchée par l’épidémie ? Y a-t-il des cas d’infection ?

Pour le moment la ville de Ségou n’est pas touchée par l’épidémie. Il n’y a pas de cas d’infection. Des rumeurs avaient circulé selon lesquelles des Maliens venus de France lors du dernier vol du 12 mars étaient atteints. Il y a eu des tests qui ont attesté qu’ils sont sains. Les radios de proximité ont fait une large diffusion des résultats des tests pour rassurer la population.

–              Quelles mesures ont été mises en place à l’échelle nationale (et régionale) contre cette épidémie ? Et à l’échelle de la ville ?

A l’échelle nationale, il y a des équipes au niveau des frontières nationales pour diagnostiquer les voyageurs qui sortent ou rentrent. Des larges informations concernant les mesures d’hygiène sont diffusées par l’ORTM, la chaîne 2 et toutes les radios de proximité. Les populations sont invitées à éviter des regroupements de plus de 50 personnes. Les horaires de service qui étaient de 7h30 à 16h sont désormais réduits de 7h30 à 14 h.  Le couvre-feu commence à 21h pour finir à 5 h du matin.

Au niveau de la ville de Ségou, des lave mains avec savon et gels sont installés partout surtout au niveau des services, et des agents veillent au respect des normes par les utilisateurs des services. La commune urbaine a offert des lave mains aux marchés de la ville et à beaucoup de services. Au niveau individuel, beaucoup de gens utilisent des couvre nez.

–              Quelles sont les répercussions sur votre quotidien, comment vivez-vous la situation ?

Le ralentissement des activités et la réduction des libertés individuelles et collectives amènent forcément une diminution de revenus surtout pour des populations qui vivent au jour le jour. Les nantis commencent à stocker du vivre à domicile. Malgré les informations sur le virus, certaines personnes ne se sentent pas concernées et une minorité d’entre elles dit même ne pas y croire.

–              Qu’est-ce qui a changé dans la ville ? Quelle est l’ambiance générale ?

Ce qui a changé et qui est palpable est le fait qu’on ne se serre plus la main. Des rumeurs de cas à Ségou ont semé la panique et la psychose.

–              Avez-vous vu se développer des réseaux de solidarité locale, pour aider les personnes vulnérables face à l’épidémie ? Si oui, as-tu un exemple ?

A ma connaissance, des réseaux pour aider des personnes vulnérables n’existent pas pour le moment.

–              Quels sont vos échos de la situation en France ?

Nous suivons avec une attention particulière au jour le jour sur l’évolution de la situation en France avec beaucoup d’espoir que la France va trouver le vaccin pour éradiquer le virus. 

 

Il faut retenir surtout l’aggravation des conditions de vie, la cherté des produits de consommations (il faut ajouter que le prix des désinfectants comme le gel a été multiplié par 5 voire 10), la méfiance vis à vis des gens qui viennent de Bamako surtout. Nous vivons dans des conditions psychologiques, morales et économiques très difficiles surtout que cette situation est venue se greffer à une crise sécuritaire sans issue pour le moment. Totalement désarmé devant tant de difficultés, le peuple implore le tout puissant à travers des prières.

 

Les photos envoyées par Boubacar nous montrent la remise des kits sanitaires par la Mairie de Ségou aux services et structures qui lui sont rattachés, comme l’éducation, les services de sécurité, le développement social et des organisations de la société civile mais aussi des marchés et des centres de santé. Ces kits comprennent des savons, des gels simples et alcooliques. Ils servent pour le lavage des mains de toute personne qui veut entrer dans le service et le lavage des mains est obligatoire.

Nous souhaitons beaucoup de courage à la population de Ségou et du Mali pour affronter cette crise.

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